La Hache
Festival "Jouer et mettre en scène" — 2ème cycle
La Hache
Mise en scène Pauline Couturon
D'après une nouvelle d'Agota Kristof
Du 1er au 3 octobre 2026
Salle blanche du site de Romainville
43 rue de la Commune de Paris 93230 Romainville
Accès Ligne 5 du métro, arrêt Bobigny – Pantin – Raymond Queneau
"Dans La Hache d’Agota Kristof, une femme parle. Elle raconte un accident. Son mari est mort, une hache plantée dans le crâne. Elle s’adresse à un médecin dont on n’entendra jamais les questions. Elle le guide, à travers un intérieur bouleversé, jusqu’au drame. Nous n’avons accès à la scène qu’à travers ses mots. Elle est à la fois le seul témoin, le seul récit, et la première suspecte. Alors même qu’elle défend l’hypothèse improbable de l’accident, une lecture évidente de la nouvelle est de la considérer coupable.
C’est pourtant avec l'hypothèse inverse, la possibilité de l’improbable, que je veux travailler. La nouvelle contient un trouble qui résiste à la rationalisation. Il y a une anomalie, un doute, une part de la vie qui ne rentre pas dans les réponses attendues. Ce trouble entre en résonance avec mes questionnements sur l’intelligence artificielle : que devient notre rapport au réel lorsque les outils auxquels nous nous adressons nous proposent uniquement les réponses les plus probables, cohérentes et efficaces ? à quel endroit échappe-t-on encore à cette logique de calcul ? La Hache est l’occasion pour moi d’une exploration théâtrale sur ce qui, en nous, obéit à des consignes, des habitudes, des attentes ; et ce qui, parfois, cesse d’y répondre.
Le spectacle se déploie comme une tentative de reconstitution scénique des possibles que contient l’écriture. Trois comédiennes portent le texte comme trois versions d’une même parole. Elles sont guidées par une voix off qui leur donne des consignes pour traverser, déplacer et mettre à l’épreuve ce que la femme tente de nommer. Celle-ci devient alors une figure qui échappe à toute biographie, psychologie, culpabilité ou pathologie figée. Une figure instable, traversée par plusieurs hypothèses, à la fois intime et collective.
La Hache met en jeu ce moment où une parole tente de tenir debout, où un événement refuse de se laisser expliquer, où les êtres et les choses semblent sortir de leur usage habituel. Un espace où l’on ne résout pas l’énigme, mais où l’on tente d'habiter son incertitude."
Avec
Louise Benichou
Jeanne Guillon Verne
et Camille Métayer
Scénographie Anaïs Aublet-Cuvelier
Dramaturgie et costumes Camille Métayer
Création sonore Marine Swietlik et Solal Mazeran
Création lumière Jessy Ducatillon
Collaboration artistique Amélie Gratias
Remerciements Mohammad Bilal Chawki, Marie-José Malis, Laure Bachelier-Mazon, Maksym Teteruk, Arnaud Laporte, Patrick Ligarius