CONCOURS D’ENTRÉE 2020
– DOCTORAT SACRE
– SÉLECTION INTERNATIONALE

  • Concours d’entrée 2020 : télécharger les résultats du 1er tour ici

04/06/2020
À l’attention des candidats étrangers en mobilité d’un ou deux semestres :
Compte tenu de la crise sanitaire mondiale que nous traversons qui a nécessité l’arrêt des activités pédagogiques du Conservatoire et qui fait peser un certain nombre d’incertitudes sur le déroulement de l’année universitaire 2020-2021, l’établissement a pris la décision de ne pas recruter de nouveaux étudiants étrangers en mobilité pour 2020-2021 afin de permettre aux étudiants admis en 2019-2020 de poursuivre et de compléter leur cursus.


20/05/2020
Chères candidates, chers candidats,
Sous réserve de l’accord du Conseil d’Administration du Conservatoire qui se tiendra le 4 juin, les 2e et 3e tour du Concours se tiendront du 7 au 19 septembre, au JTN pour le 2e tour et du 5 au 9 octobre pour le 3e tour.
Un seul déplacement vous sera demandé pour le 2e tour, vous passerez ainsi deux scènes le même jour et un petit entretien.
Les monologues seront acceptés, contrairement aux règles habituelles.
Un masque vous sera fourni à votre arrivée pour la période d’attente, ainsi que du gel, afin d’assurer votre protection et la nôtre.
Le 3e tour aura lieu au Théâtre du Conservatoire, dans les mêmes conditions de précaution.
La période des auditions a été doublée pour ne pas créer de groupe d’attente nous vous serons reconnaissant.e.s de n’arriver qu’à l’heure dite.
Comme d’habitude, nous serons attentives et attentifs au calendrier de celles et ceux qui passent d’autres concours au même moment.
Toute l’équipe vous souhaite courage et ténacité pour cette préparation si particulière. La rentrée s’effectuera donc dans la foulée pour les personnes retenues.
Nous attirons votre attention sur le fait que le Conservatoire par précaution, n’envisage pas une année académique normale, et travaille à une organisation par petits effectifs, et un enseignement hybride (présentiel et à distance).
Nous vous adressons tous nos vœux de réussite.
Claire LD


12/05/2020
Aux candidats du concours SACRe :
En raison du contexte sanitaire de ces dernières semaines, le CNSAD a décidé de reporter la date de dépôt des candidatures au doctorat SACRe-CNSAD à la date du 20 mai 2020, 16h. Il n’y aura pas de dérogation possible au-delà de cette date. Cette décision de report s’applique au seul CNSAD. Les dossiers de candidature doivent être adressés par courriel et en un seul envoi à l’adresse suivante : patricia.faivre@cnsad.fr. Un accusé de réception leur sera adressé.

L’épreuve d’admission se déroulera en visioconférence les 1er et 2 juillet 2020.

Toutes les informations sur les modalités du concours SACRe ici.

ACTUALITÉS PRESSE

Ils parlent de nous.
Claire Lasne Darcueil a donné plusieurs interviews suite aux sollicitations de différents médias d’informations.
Retrouvez ses interventions dans le journal Les Trois coups (15 avril 2020), dans Télérama (24 mai 2020) et dans la Lettre du spectacle (29 mai 2020).


RESSOURCES CULTURELLES

En période de confinement, le Conservatoire a concocté une série de ressources en ligne pour accompagner les temps d’intérieur. RDV dans notre nouvelle rubrique Ressources culturelles

Retrouvez également toutes les émissions de Radio Conservatoire ainsi que toutes nos captations d’ateliers.


POINT D’INFORMATION COVID-19

L’Université PSL tient à jour une page d’informations sur les dispositions et les gestes préventifs à adopter dans le contexte épidémique.
Pour vous tenir informés de cette actualité, rendez-vous sur ce lien.


LIVRET DES ENSEIGNEMENTS

Pour tout connaître du contenu des formations dispensées par le Conservatoire, le livret des enseignements est disponible ici


ÉCOUTER

Nouvelle émission de Radio Conservatoire disponible en ligne.

► Pour écouter la deuxième émission de l’année, enregistrée le 20 décembre 2019 autour du spectacle Féminines écrit et mis en scène par Pauline Bureau au Théâtre des Abbesses, c’est ici.

► Toutes les précédentes émissions : ici !


VIDÉOS

N’ayez pas peur
© Christophe Raynaud de Lage

Retrouvez toutes les captations des ateliers d’élèves de l’année 2019-2020 ici

Bon spectacle !


SEMAINE INTER-ÉCOLES

Retrouvez les making-off et restitutions complètes de la semaine inter-écoles CNSAD – Fémis – CPES (PSL) – ENSAD – Beaux-Arts – Académie Fratellini – Hall de la Chanson – E:UTSA de mars 2019 sur le site WordPress dédié à l’événement.


CLAIRE LASNE DARCUEIL REND HOMMAGE À MICHEL PICCOLI

Qui suis-je pour parler de Michel Piccoli et lui rendre hommage ?
Simplement une femme de théâtre qui a construit sa vie professionnelle autour de l’amour des actrices et des acteurs.
Et qui a développé une cinéphilie vitale, dès l’enfance.
Je ne sais combien de fois je l’ai cité en exemple depuis que je dirige le Conservatoire, combien de fois je me suis appuyée sur son chemin pour m’adresser aux élèves entrants,
principalement sur deux sujets : 

– Travailler dès à présent à être une belle actrice ou un bel acteur à 80 ans, et non pas un objet de désir fugace.
– Aimer passionnément ses choix, quels qu’ils soient, aimer ce qui se trouve dans sa propre assiette, sans envier celle du voisin, jardiner l’espace de l’échec et de la réussite avec le même entrain.

J’avais été très frappée par une de ses déclarations affirmant avec une belle santé qu’il aimait tous les choix qu’il avait faits, tous les films, y compris et même surtout, les échecs, les « fours ».

Un autre fil m’a fait régulièrement me tourner vers lui lorsque je n’y voyais plus clair : la conviction que toute la vie est politique.
De quelque bord que se situe notre pensée idéologique, nous en produisons, y compris lorsque nous nous en défendons. 
Ce rapport au politique, lorsqu’il est structurel et naturel, et non une posture stratégique de carrière, réclame de soi de mettre en cohérence sa pensée et ses actes, et c’est l’aventure de toute une vie.
Sentir que l’on fait partie d’un tout, et que l’on y porte une responsabilité quotidienne, fait traverser colères (les siennes sont légendaires et salutaires), refus, solitude, mais crée aussi d’indéfectibles et joyeuses amitiés entre camarades préoccupés du monde.

Je ne l’ai jamais rencontré, je crois avoir vu quasiment l’intégralité de sa filmographie, et une bonne cinquantaine de fois Vincent, François, Paul et les autres. Les visages de ces hommes et de ces femmes traversé.e.s par des nuages de fumée d’un autre temps (difficile de trouver un seul plan où Michel Piccoli n’y tient pas une cigarette dans Les choses de la vie, faites l’exercice), me rappelle irrésistiblement la vieille DS de mon père qui filait à vive allure et dans laquelle le brouillard de ses Dunhill régnait : des hommes d’une autre époque, portés par l’énergie très particulière de l’après-guerre, et qui espéraient dans le monde, après le désastre.

J’avais une vingtaine d’année lorsque je lui ai envoyé (par fax, dans mon souvenir il affectionnait cet instrument) le projet d’une adaptation pour un seul en scène. Quelques jours plus tard, mon téléphone a sonné dans ma toute petite maison de Pantin, et j’ai entendu « Bonjour, c’est Michel Piccoli, je vous appelle de la Mostra de Venise, j’ai peu de temps. C’est bien ce que vous avez fait, cela m’intéresse ». Couchée par terre d’émotion, je suis restée longtemps ainsi, pour laisser définitivement s’imprimer en moi ce que signifiait cet appel, qui m’avait été enseigné par mon père et confirmé par Michel Piccoli : « Fais profession de prendre tes rêves pour la réalité, fais-en métier, ne te laisse arrêter et intimider par rien, sauf par ta propre médiocrité, contre laquelle il faut lutter chaque jour, mais par aucune autre puissance ».
La liberté de Michel Piccoli, et le prix à payer pour cette liberté,  m’ont servi d’exemple à de nombreux moments et je lui en suis infiniment reconnaissante.
On m’a retiré les droits de cette adaptation immédiatement. Mais cela n’avait plus aucune importance : il avait répondu à mon appel de toute jeune femme.

La seule fois où j’ai « détesté » ma meilleure amie, grande comédienne, c’est quand elle a joué avec lui au théâtre. Il était à moi, comme le sont nos précieuses admirations, celles qui nous font nous tenir debout face au vent.

J’ai ainsi versé autant de larmes à l’annonce de sa mort que le jour lointain où j’ai appris celle de François Truffaut, qui disait justement : « un film doit donner une idée du monde et du cinéma », phrase qui semble avoir guidé les choix artistiques de Michel Piccoli. Mais pour l’un comme pour l’autre, différents politiquement, cette mission n’était pas accompagnée de l’octroi du droit de donner aux autres des leçons de morale, des leçons tout court. C’était une proposition globale, artistique, politique, et humaine, qui faisait appel à l’intelligence de l’autre, et non à son asservissement, dans un rapport horizontal et non vertical, et ne reposait pas sur l’idée que l’artiste en saurait davantage que le commun des mortels. Plutôt sur l’idée qu’il était en position de prendre le risque, le risque de dénoncer, celui de se tromper avec fougue.
Naître avec un corps collectif est très fatigant, mais comme l’a dit un autre grand acteur, Harvey Keitel : « Pour quelle autre vie est-ce que je me préserverais » ?

Je pense aujourd’hui à la peine de tous ses proches.
Je proposerai au Conservatoire de donner à l’une de ses salles le nom de cet homme irremplaçable, vertueux et drôle, colérique et tendre, libre, libre, et qui part en laissant un travail monumental mais magnifique à toutes celles et ceux qui croient en l’art, en la fantaisie, en l’égalité des êtres, et à l’indépendance d’esprit.